Projet de loi sur l'immigration

Publié le par patrice Calméjane

M. Patrice Calméjane ce projet de loi sur l’immigration revient devant notre assemblée en deuxième lecture.

Nombre de dispositions ont d’ores et déjà été adoptées par le Parlement. Des divergences subsistent toutefois sur trois sujets essentiellement. L’un d’entre eux retient particulièrement mon attention : le contentieux de l’éloignement.

Ce projet vise donc  à transposer le droit européen.

Je souhaite tout particulièrement vous faire part, à l’occasion de ce débat, du traitement du sujet par l’Allemagne. Angela Merkel a déclaré, comme un dirigeant français pourrait le dire, que l’Allemagne n’avait nul besoin d’une immigration « qui pèse sur le système social ». Néanmoins, et c’est surtout sur cela que je souhaite insister, l’Allemagne veut entretenir, si je puis dire, une immigration que nous pourrions qualifier d’utile, une immigration plus ou moins choisie, plus ou moins contrôlée, plus ou moins profitable, plus ou moins utilisable. Il n’est pas déplacé de parler ainsi en démocratie ; c’est respecter la volonté du peuple et des électeurs.

Avant toute controverse, tout débat sur les qualificatifs que j’emploie, permettez-moi, mes chers collègues, de vous préciser que l’objectif de mon propos est de vous démontrer qu’il est nécessaire, pour des raisons historiques, économiques, sociales et, plus largement, nationales, mais aussi morales, de poser des règles claires et strictes en matière d’immigration dans notre pays.

Nous n’avons plus les moyens, d’une ouverture sans bornes de nos frontières. Un contrat de travail pourrait ainsi conditionner l’obtention du permis de séjour. Accorder un tel titre aux travailleurs qualifiés pour des postes particuliers et spécifiques serait une autre possibilité. Faciliter la venue de personnes qui viennent pour travailler à leur compte en France, sous condition d’un investissement minimal et de la création d’un certain nombre d’emplois, en serait une troisième.

Il nous faut, mes chers collègues, rendre notre territoire attractif à une immigration liée au travail, une immigration de fonctionnement, une immigration dynamique. On ne peut plus, je le répète, se permettre des extravagances sociales, onéreuses et unilatérales en matière d’accueil des étrangers.

M. Claude Goasguen, rapporteur. Très juste !

M. Patrice Calméjane. Il nous faut défendre le schéma du travail contre un titre de séjour, de la main-d’œuvre contre des aides financières et des aides sociales. Nous devons être réalistes.

 Ce qui fait l’identité de la France, la richesse de la France, c’est aussi et avant tout, ne l’oublions pas, son tissage multiculturel, son ouverture et sa réputation de terre d’accueil.

Le travail est aussi gage d’intégration, pour le Français de souche comme pour le Français d’adoption.

De même, le renforcement des exigences d’intégration et d’assimilation pour l’accès à la nationalité est nécessaire. La Seine-Saint-Denis, mon département, a délivré en 2010 11 345 titres, soit 10 % des décrets de naturalisation délivrés sur l’ensemble de la France, alors que nous ne représentons que 2,4 % de la population française. Cela fait trente et une personnes naturalisées chaque jour dans le département !

J’ai assisté à plusieurs cérémonies de naturalisation. Si certains manifestent un réel bonheur de devenir Français, pour d’autres, c’est simplement un passage obligé qui manque de solennité. La Marseillaise n’est même pas chantée, et de nombreuses personnes ont de réelles difficultés linguistiques qui, pour l’instant, ne sont pas prises en compte. Nous devons améliorer tout cela.

Je soutiens donc l’ensemble de ce texte, qui a tout son sens dans la période actuelle. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe UMP.)

Publié dans Assemblée Nationale

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Christophe Deville 11/03/2011 14:34


Une analyse honnête et correcte de la situation actuelle. Même nos cousins du Canada, célèbres pour leur forte politique sociale, et leur tradition humanitaire,se sont dotés d'un outils
ministériel(le CIC) visant à promouvoir une immigration exigeant des garanties quant au respect de la loi,et de l'équilibre du système social. C'est une problématique Française, Européenne et
Mondiale. Il me plairait bien, un jour, de voir Monsieur Jason Kenney (ministre du CIC), venir soutenir cette réalité dans l'hexagone !