Identité Nationale

Publié le par patrice Calméjane

Intervention à l'Assemblée Nationale de Patrice Calméjane à propos de l'IDENTITE NATIONALE, 8 décembre 2009

 

"Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Mes chers collègues,

 

[…]De manière générale, l'identité nationale d'une personne n'est pas figée, elle évolue et correspond à un « parcours de vie ».


Ainsi définit, finalement, l'identité nationale semble un concept simple : c'est l'ensemble de « points communs » partagés par un peuple au sein d'une nation, et qui a priori évoluerait de manière individuelle. « L'identité n'est pas donnée une fois pour toutes, elle se construit et se transforme tout au long de l'existence ».

Or je crois que c'est en ce point ci que le débat est engagé.


Ce thème de l'identité nationale a été un thème de la campagne électorale de notre Président en 2007. Fidélité au programme, mais aussi nécessité voire urgence sociétale, il faut à présent réaffirmer et réactualiser pour mieux intérioriser et transmettre nos valeurs et principes qui font de la France sa spécificité, son caractère, sa réputation et sa fierté. Alors oui, posons nous la question : qu'est ce qu'être français?

Certains journaux ont eu l'audace et peut être même le courage de définir Éric Besson de gageure... mais oui disons le, affirmons le, nous, représentants de la Nation, nous nous devons de clarifier les repères des français.

Nous, la France, terre d'accueil par tradition, nous nous devons de préciser ce qu'est être français.

Ce débat est une aubaine et non une catastrophe, un cataclysme ou une épée de Damoclès suspendu au-dessus de la cohésion et de la solidarité des français. Bien au contraire !

 

Certes, et nous le savons tous, français, italiens, espagnols, anglais et n'importe quels autres « nations » se définit par une langue, un drapeau, des valeurs, une histoire, une hymne...

Or, ce débat est l'opportunité de réaffirmer et rappeler cet héritage commun. Aussi, être français, c'est une identité associée aux valeurs républicaines, elle est enracinée dans des valeurs universelles, respectueuses de la dignité de l'homme et qui ne peuvent que susciter l'adhésion de tous.


La politique d'assimilation doit prévaloir, et c'est en sens, je crois, qu'il faut comprendre et mener le débat.

Annah Arendt a dit « pour être confirmé dans mon identité, je dépends entièrement des autres »... […]

Fernand Braudel affirmait que «  La France se nomme diversité », et c'est aussi de « l'identité qu'est née la différence ».

La France, vivier de rencontres interculturelles, se traduit par le paradoxe alliant ouverture et fermeture, assimilation et différenciation, transformation et maintien de l'identité de chacun.


La France d'aujourd'hui est métissée, elle se nourrit des apports des uns et des autres. Filiation et affiliation ne doivent pas être pensées comme s'excluant mais plutôt comme complémentaires.

Considérons cela comme une richesse et non un handicap, […].

La France avec sa diversité dispose indéniablement d'atouts considérables. La France a le monde chez elle.

Les minorités visibles sont une chance pour l'économie française, elles sont un levier à la croissance économique. En ce contexte de crise avérée, reconnue et vécue, je crois qu'il est nécessaire de préciser cet élément.
60% des personnes interrogés pensent que ce débat est une bonne chose. Donc arrêtons toutes ces polémiques inutiles sur l'opportunité ou pas du débat.

Les actes d'incivilité, de délinquance ou de criminalités commis par des personnes d'origine étrangère ou française issues de l'immigration, sont perçus par une grande majorité de la population, comme un manquement au devoirs envers notre pays « terre d'accueil ». 

Encore une fois, et sans stigmatisation de ma circonscription, je suis convaincu que ce débat est très important et c'est devenu indispensable que d'encadrer et définir ce qu'est qu'être français.

L'objectif n'est nullement de figer encore une fois la notion, mais plutôt de l'affirmer afin de mieux la transmettre.

La Seine-Saint-Denis est d'autant plus concernée par le sujet que le brassage des populations est important, massif et large, pour quelques motifs que soient d'ailleurs.

La Seine-Saint-Denis est une plaque tournante des étrangers et immigrés, riche de diversités, et il est essentiel tant pour leur intégration, que leur socialisation de définir la notion d'identité nationale, la notion de Français, cela pour le bien être de tous, résidents anciens et nouveaux habitants.

 
Il me semble aussi opportun et incontournable que de poser la question de l'Union européenne, des retombées du Traité de Lisbonne et des conséquences de ce dernier sur justement l'identité nationale et la problématique houleuse de l'asile et l'immigration.

Pour conclure, […] je souhaite que ce débat, comme en 1920 soit un moment de rassemblement et non pas de division pour tous les partis."

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Pasteur Christophe Deville 14/12/2009 22:26


Bravo pour cet article! Il précise bien le sujet dans la sobriété et la profondeur philosophique nécessaire ! L'identité procède de la Reconnaissance qui s'effectue dans le regard de l'autre. En
"disant l'autre", j'existe moi-même et permet à l'autre d'exister : "Re-Co-Naissance".


patrice Calméjane 21/12/2009 13:59


merci