Faire le pari du Grand Paris

Publié le par patrice Calméjane

Intervention de Patrice Calméjane à l'Assemblée Nationale à propos du projet concernant le Grand Paris.


Madame la Ministre,
Monsieur le Président, Mes chers collègues,

 

Élu de Seine-Saint-Denis, de la petite couronne parisienne, je souhaite m'impliquer réellement dans ce projet. La semaine dernière j'ai d'ailleurs changé temporairement de commission afin de soutenir ce projet qui est indéniablement essentiel, tant pour ses répercussions régionales, nationales qu'internationales.

80 %  de la population vit dans les villes. Il est donc évident que la question urbaine est une question centrale dans notre économie et notre tissu social.

 

L'agglomération parisienne est pour des raisons historiques et administratives une réalité difficile à cerner. En effet, à l'inverse de ses homologues étrangers, comme Londres ou Berlin, la commune de Paris n'a pas agrandi ses limites depuis 1860. Par conséquent, il existe un décalage flagrant entre le Paris politique et la réalité géographique, économique et humaine de la métropole.

Avec une superficie de 105 km², Paris est petit. Londres, par exemple, est 15 fois plus étendu.   

En 2008, l'Ile-de-France concentrait plus de 11 millions d'habitants, soit une densité de population de 974 hab/km², l'une des plus élevées du monde.

 

Nous avons donc un défi économique, un défi social, un défi de renommée internationale, à relever. Ce n'est pas un défi qui se résume uniquement à un métro automatique ultra moderne, à une architecture créée et conceptualisée par les plus grands. C'est un défi très ambitieux, très audacieux, et entreprenant auquel ce projet présidentiel répond.

 

Le grand Paris, c'est créer une réelle structure métropolitaine capable de gérer tout ou partie des problèmes communs aux différentes villes de l'agglomération.

 

Il est temps à présent que ce sujet soit concrètement abordé et traité. Il est vrai que des efforts ont déjà été faits. Mais, en sa qualité de première destination touristique au monde, Paris ne peut se permettre de l'amateurisme ou des opérations de communication au regard de ses sérieuses concurrentes européennes que sont Berlin, Londres, Madrid ou encore Lisbonne.

Il est impératif et urgent de rétablir une compétitivité et une attractivité chancelantes qui est le résultat de 12 ans de gestion socialistes et vertes. Il faut le souligner, c'est notre Gouvernement, celui de Monsieur Sarkozy, celui de Monsieur Fillon, celui de la droite, qui prend à bras le corps le passage de la ville capitale à la région capitale, qui assure un avenir à notre capitale et à notre pays.

 

Aussi, après avoir défendu l'image et l'ambition que ce projet assure, avec ces retombées économiques, commerciales et touristiques, je tiens à m'attacher aux parisiens, aux franciliens, aux hommes et aux femmes qui habitent le grand Paris.

Ce projet c'est une réorganisation des transports, de l'habitat. Ce n'est pas seulement une logique de frontières et de prérogatives administratives. C'est un système conçu et envisagé dans une dynamique globale. La ville est un lieu de vie, un lieu de travail, un lieu d'échanges, un lieu d'hébergement.

L'Ile-de-France, premier bassin d'emploi européen, concentrant 500 millions de consommateurs, se doit d'assurer une mobilité. La question des transports tient une place centrale dans ce texte. Il réaffirme qu'il faut mener en priorité les projets qui permettront de remettre à niveau le réseau existant et leur extension. Celui de l'Ile-de-France est à la limite de la saturation  et de l'usure. Il ne répond absolument plus aux besoins actuels. En Seine-Saint-Denis, depuis 1998, par deux embranchements prolongeant le RER E, j'ai pu mesurer les progrès apportés par cette extension. Ce texte envisage la jonction entre cette gare et la Défense d'ici 2015. C'est une avancée majeure à la condition quand même de bien prévoir dès à présent l'augmentation des fréquences et des capacités de la ligne actuelle. Si nous convenons tous de la nécessité d'augmenter le schéma des transports en commun, il ne faut pas omettre de terminer des travaux déjà commencé en la matière. Je pense, ici, plus précisément à l'autoroute A103, Monsieur le Ministre.                                                                                                                                                                                                                 

Ce projet garantit de construire une ville pour l'Homme, une ville plus humaine, plus belle, une ville de la citoyenneté, du lien civique, et social, de la convivialité, de la solidarité, un lieu de partage. Paris ne doit pas être seulement une ville musée. « L'architecture a aussi pour vocation d'humaniser nos banlieues et cités trop longtemps laissées à l'abandon ». Le grand Paris c'est rompre avec cette tendance à l'éloignement des lieux de production, de savoir et de savoir faire.

Le Grand Paris, c'est donc un plan social, de cohésion urbaine et humaine, un plan économique qui s'intègre parfaitement aux volontés présidentielles, et un plan architectural nécessaire à la notoriété et pérennité de notre renommée d'envergure internationale. 

 

Pour conclure, je ne peux m'empêcher de vous faire part d'un article du Parisien de ce matin, qui abonde dans le sens de l'importance et du bien fondé de ce projet sarkozyste et surtout du revers et de l'échec de l'action improductive ou contreproductive des socialistes: Serge Méry, actuel vice président du conseil régional chargé des transports tire sa révérence. Ou plutôt il est poussé dehors. A bon entendeur.... la conclusion quant au travail des socialistes à la région se dégage d'elle-même.

Que la gauche, Mr le Ministre soit contre ce projet, nous en Seine-saint-Denis, nous avons l'habitude de ce genre de comportement. Le conseil municipal de la ville de Saint Denis avait voté contre l'implantation du grand stade.

Or grâce à cet équipement la ville est en pleine transformation depuis. Alors mes chers collègues, nous devons engager pleinement notre région capitale dans le XXIème siècle.

Nous devons voter pour ce projet.

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