Vers une réelle lutte anti-dopage dans le cyclisme?

Publié le par patrice Calméjane

 

La quasi totalité des Français a pu admirer les exploits du petit Astérix terrassant les romains après avoir bu de la potion magique. Moins bien perçue que l’utilisation par Astérix de son breuvage, cette aide apportée par ingestion d’un produit permettant de décupler les forces est utilisée par certains sportifs et alimente –trop- régulièrement les scandales dans le sport puisqu’il s’agit en réalité de dopage.

 Les récentes affaires de dopage du Tour de France faisant à nouveau les premières pages des journaux incitent à réagir. Si les feux médiatiques sont souvent l’occasion d’en profiter pour crier au scandale, à l’inamissible, dans des affaires telles que le dopage, le recul est nécessaire.

Il s’impose d’abord dans l’analyse des responsabilités de chacun vis à vis du dopage.

Tous ont bien sûr publiquement fait connaître leur mécontentement.

Patrice Clerc, le patron d'ASO, société organisatrice du Tour a critiqué justement l’Union Cycliste Internationale qui détenait des informations qu’elle n’a pas communiquées, se contentant d’un avertissement à  Michael Rasmussen le 29 juin. L’UCI qui, par le biais de son Président, Pat McQuaid, a pourtant applaudi la décision de la Rabobank, le sponsor, d'exclure du Tour son coureur vedette, critiquant le fait que cette décision arriverait un peu tard alors qu’elle même n’a rien dit sur le fait que Michael Rasmussen avait manqué plusieurs contrôles antidopage inopinés. C’est ce silence qui est reproché par, Christian Prudhomme, directeur de l’épreuve, à l'UCI et à l'équipe Rabobank                                                                                                           Situation peu claire s’il en est, chacun semblant se renvoyer la balle d’un ton accusatoire.

Mais pourquoi cette loi du silence de la part des sponsors ? Dans les équipes, Il a parfois été avancé que cette « loi » s’impose pour justement ne pas effrayer les sponsors.

Les organisateurs du Tour eux-mêmes n’ont ils pas une part de responsabilité dans le dopage ?

Il faut  rappeler la quasi impossibilité de tenir un tour de France tel qu’il est élaboré sans aide pharmaceutique. L’intensité de l’effort demandé aux sportifs, par le rythme effréné des compétitions ou par l'enchaînement des cols dans une étape de montagne du Tour de France, reste peut être la première des incitations au dopage.

 

 

 

 

Dans le cyclisme comme dans de nombreux autre sports, les instances sportives n’ont-elles pas été parfois également complices ?

Les fédérations de nombreux sports renoncent quasiment aux contrôles. On sait bien qu’il y a une forte proportion de culturistes dopés et s’il y a quand même eu 200 contrôles sanguins inopinés depuis le début du Tour ; il n'y en a eu aucun pendant le Mondial de football.

Mais aujourd’hui, quelques actions semblent malgré tout prouver la volonté des organisateurs du Tour de réellement assainir le cyclisme.

Le dépistage de coureurs tels que Vinokourov, -la coqueluche des médias et des amoureux de la bicyclette, convaincu de dopage en plein Tour, l’exclusion de Michael Rasmussen de l'équipe nationale par la fédération danoise de cyclisme, alors qu’il portait le maillot jaune [ou encore la mise en place de contrôle inopinés réguliers -sans doute encore insuffisants mais c’est un premier pas- : tout cela décrédibilise le Tour qui risque de subir un désintéressement plus important. Cependant, on peut espérer être dans une phase transitoire durant laquelle ce désintéressement dû à la mise en lumière des affaires de dopage, nuisant aux sponsors[1], aux coureurs et aux organisateur, assurera finalement un assainissement de la situation. Ce qui permettrait alors à ceux qui refusent de s’aider par des produits fondamentalement dangereux pour le sportif de ne pas se sentir quasi obligés de prendre des risques inconsidérés pour leur santé. Car la différence entre l’utilisation de produit légaux -protéines et autres suppléments- et la prise d’EPO ou d’anabolisants réside bien à la fois dans les effets du produit sur la performance mais aussi sur l’intégrité physique du sportif.

A quand une extension de cette lutte contre le dopage à l’ensemble des sports ?

L’investissement des collectivités locales dans ce combat, pourrait également être bénéfique.  Patrice Calméjane avait proposé au Conseil Général de Seine Saint Denis que le financement public d’associations sportives soit conditionné à des contrôles anti-dopage non positifs, ce qui permettrait d’assurer  une éthique dans le sport et de contribuer à donner tout son sens au vieil adage selon lequel le sport contribue à assurer un esprit sain dans un corps sain.



[1] Adidas a décidé de se retirer du cyclisme

 

Publié dans sur le terrain

Commenter cet article

Jacky 06/09/2007 09:16

critiquer des positions favorables à la santé publique histoire de contester prouve bien que les gauchistes existent toujours oui...

gauchiste 06/09/2007 00:27

proposer des contrôles anti-dopages alors qu'il y tant de chômeurs dans le département...Je n'ose imaginer les futurs propositions de loi...