Réforme des universités : un dialogue constructif

Publié le par patrice Calméjane

Ce sont l’ouverture au dialogue et la concertation qui ont permis d’avancer sur la réforme des Universités.

Effectivement, après des échanges constructifs avec les représentants enseignants et étudiants, Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur, a transmis hier à la communauté universitaire une nouvelle version du projet de loi, modifié en tenant compte des critiques émises lors de la parution du premier texte. Ainsi, le conseil d'administration des universités ne devrait plus être limité à 20 membres, mais comprendre de 20 à 30 membres.

L’autonomie des Universités, passant par des dispositions qui concernent de nouvelles responsabilités des universités dans les domaines budgétaire, de la gestion des ressources humaines et de leur patrimoine immobilier, ne sera plus limitée aux universités volontaires. En effet, le texte du 27 juin précise que ces dispositions « s'appliquent de plein droit à toutes les universités dans un délai de cinq ans ».

Enfin, la possibilité offerte, dans le premier texte, aux universités d'instaurer une sélection à l'entrée du master a disparu du nouveau projet.

Toutefois, il faut bien se rendre compte que refuser toute sélection explicite, permet la continuité d’une sélection plus latente à l’Université.
Quant au refus de l’élitisme à l’université, cela revient à permettre une valorisation plus importante des grandes écoles et donc à assurer une dévalorisation de l’université. L’élitisme n’est pas synonyme d’inégalité à partir du moment où les règles sont clairement posées et laissent la possibilité à ceux qui s’en donnent la peine d’obtenir de très bon résultats. Est ce injuste de récompenser clairement ceux qui, par un travail acharné, réussissent à se placer parmi les meilleurs ? Peut-on vraiment considérer comme un dénigrement la réorientation d’un étudiant vers une filière dans laquelle il obtiendra de meilleurs résultats et pourra finalement s’épanouir si manifestement, le domaine initialement choisi ne lui correspond pas ?
L’admission d’une sélection serait sans doute dans l’intérêt des étudiants. Ce n'est pas rendre service aux étudiants que de leur enlever le goût du travail et de l'objectif à atteindre.

La vocation de l’Université à assurer un bon bagage culturel doit être couplée à la certitude pour la majorité des étudiants qui le demandent d’ouvrir largement les portes à un emploi et/ou aux structures de recherche. Cela peut sans doute passer par la multiplication de passerelles entre l’Université, les centres d’excellence et le monde du travail.
Le texte doit être soumis très prochainement au vote des députés.

Publié dans sur le terrain

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